Marc au Pérou, moi en Equateur.
Mon principal objectif du voyage dans ce pays: l'ascencion du volcan Cotopaxi, 5897m, un cône parfait.

Premier tour "booké", et me voici partit hier à son ascencion.
Hier montée au refuge, marche de 30-40min depuis le parking. Arrivé à 4800m. Donc oui j'ai approximativement dormi sur le Mont Blanc. (Approximativement car j'ai pas beaucoup dormi et en fait c'est pas le Mont Blanc...).
Montée dans l'aprem avec le groupe (6 personnes, ou plutôt 6 mecs) et les guides sur le début du glacier pour apprendre les rudiments de l'alpinisme: marche avec des crampons, passer les crevasses, différents usages du piolet, etc.
Repas en fin d'aprem et tout le monde au lit pour essayer de dormir avant le lever programé à minuit !
Donc levé à 00:35 pour moi (ben oui faut bien que je profite de ma mini-nuit, en tout j'aurai dormi environ 3h) et départ pour l'ascencion à 1:05.
Un des principaux problèmes pour l'ascencion est la météo imprévisible. Et là au départ on a le droit à un grand ciel étoilé et très peu de vent: le rêve. Reste à savoir si ça va rester comme ça pour les six heures d'ascencion.
1:20 de monté tous ensemble (6 clients + 3 guides) à un rythme lent, car à 5000m on saute pas de pierres en pierres, il n'y a pas beauoup d'oxygène et on est essouflé juste à parler. Dès la sortie du refuge on est dans la neige. Merci mes batons que je me suis offert en Patagonie, ils se revelent extrement pratiques sur cette partie.
Après cette mise en jambe, on arrive sur le glacier et donc on met les crampons. Je range les batons et sort le piolet. On forme trois groupes : deux clients pour un guide en cordé. On aura alors l'équipe des norvégiens, celle des américains et l'équipe française (Julien, un autre fou rencontré la veille dans le van).
Et là l'équipe fançaise part en tête, les autres équipes disparaissent derrière nous. On rattrape d'autre groupe partis avant nous. Bref, la Gloire. On va arriver les premiers au sommet ! Faut dire aussi qu'on est pas là pour acheter du terrain.
Je me sens super bien, pas fatigué, pas de mal d'altitude (1 mois à 4000m en Bolivie ça forge un homme). Le paysage qu'on éclaire à la frontale est splendide. Le pied.
Et les choses se gatent vers 4:30, le ciel se couvre, la température tombe et le vent se lève, et pas qu'un peu. Les conditions deviennent dificiles d'autant plus que comme on est aux environs de 5650m, les efforts sont des plus en plus essouflants.
À une heure de l'arrivée on croise un groupe qui a fait demi-tour. D'après leur guide le risque d'avalanche est trop élevé. Du coup on attend les deux autres cordées de notre groupe, qu'on a bien distancé, pour prendre une décision. Une fois qu'ils nous ont rejoins les guides partent en exploration voir si le risque est avéré et si oui trouver une alternative.
Résultat des courses: Julien et moi attendons 30min dans la tempête glaciale. Dur.
Risque avéré, alternative trouvée, mais pas de trace. Un guide part faire la trace et là Julien et moi nous nous retrouvons en queu de peloton par je ne sais quel truchement. Du coup le temps de faire la trace et que tout le monde monte, on attendra un coup de plus 30-45min. Je gèle, bien que je sois bien équipé.
Après ces péripécies statiques, nous voilà repartit pour le sommet. Ca nous demandera 1h-1h30. On est au plus haut, chaque pas est un acomplissement en soit et en plus c'est là que c'est le plus raide. On passe deux murs de plusieurs dizaines de mètres.

Après moult émotions, plantage de piolets et coups de crampons nous voilà arrivés au sommet à 7:45 (au lieu de 6:10 comme prévu selon notre rythme initiale) ! Grandiose (la performance pas le paysage car c'est toujours extrement nuageux et venteux) ! On ne verra même pas le cratère alors qu'on est sur le bord.
Bref il fait tellement froid et on voit tellement rien qu'on redescent après être resté environ 2 min et 18 secondes à 5897m.
La montée a été dure, mais la descente sera étonnement pire. Le fait d'avoir geler sur place pendant une heure et avoir fait l'ascencion a brulé toute mon énergie. De plus j'ai plus de genoux. J'ai beau ranger le piolet et sortir les bâtons, les bâtons dans 50cm de neige ne sont pas très utiles. Bref une descente terrible de 3:20. Sur la fin je me fais même une descente d'environ 200m-300m sur fesses en mode luge tellement j'en peux plus.
Arrivée au refuge à 11:05. 10h de marche entre le Mont Blanc et 1000m au dessus. Je l'ai fait ! Mais j'en ai chié des ronds de chapeaux !
PS: pour une fois les images ne sont pas les miennes, juste illustration.